Thursday, 17 October 2013


Dossier presse 1: 15 octobre 2013
En proie à de violents mouvements sociaux, le Brésil inquiète aussi de plus en plus de gens sur le plan économique. Or, les choses pourraient s'aggraver avec la lutte acharnée que mène la banque centrale du pays contre un vieil ennemi: une inflation galopante.
Quelque 65 000 manifestants dans les rues de São Paulo. Plus de 1 million dans 80 villes en une seule journée...
Le Brésil a été secoué par plusieurs manifestations cet été. Après une brève accalmie récemment, l'agitation sociale est de retour et a pris une tournure violente, la semaine dernière, lors d'une confrontation entre des enseignants en grève et des anarchistes, faisant de nombreux blessés.
Ces tensions - une situation que le pays n'avait pas connue depuis 20 ans - témoignent de la frustration grandissante dans la première économie d'Amérique latine.
Au départ cet été, les revendications populaires s'élevaient contre une hausse des tarifs dans les transports. Elles se sont transformées en vive critique du gouvernement, en particulier des dépenses pour la Coupe du monde de soccer et les Jeux olympiques, prévus en 2014 et 2016 respectivement. Des coûts jugés exorbitants par les Brésiliens qui demandent plus d'argent pour l'éducation, la santé et les infrastructures.
Or, le malaise social - qui contraste avec l'essor économique du pays pendant 10 ans - risque de s'aggraver à cause du combat que mènent les autorités contre un vieil ennemi des Brésiliens: l'inflation.
Devant la flambée des prix, qui fait craindre un dérapage comme dans les années 80, la banque centrale du Brésil a encore relevé, mercredi dernier, son principal taux d'intérêt, le Selic, qui grimpe de 50 centièmes, à 9,50%. Un cinquième tour de vis en six mois qui rapproche le taux directeur du seuil sensible et effrayant des 10%.
Et ce n'est pas fini. Les experts croient que la banque centrale récidivera avec une nouvelle hausse de taux dès novembre.
La «crédibilité» de la banque centrale est en jeu, affirme Alberto Ramos, de la firme Goldman Sachs. Même si l'inflation a un peu ralenti récemment, elle reste très élevée à 7,4% (taux annualisé des prix non réglementés en septembre), soit bien au-dessus du taux visé de 4,5%.
Dupaul, Richard, <<Le Brésil devant son vieil ennemi>>, La Presse, 15 octobre 2013, lapresse.ca

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