Wednesday, 27 November 2013

Dossier de presse 5: 15 novembre 2013


Brésil: des proches de Lula, condamnés pour corruption, se rendent


José Dirceu et José Genoino, deux proches de l'ex-président Lula et anciens responsables du Parti des travailleurs au pouvoir au Brésil, se sont rendus vendredi à la police après avoir été condamnés lors du plus vaste procès anti-corruption qu'ait connu le pays.


Député et ancien président du Parti des travailleurs (PT, gauche), José Genoino, a été le premier à se rendre, au siège de la police fédérale à Sao Paulo. Il a été rapidement suivi par José Dirceu, ex-chef de cabinet et bras droit de Luiz Inacio Lula da Silva, ont constaté des photographe de l'AFP.
Les deux hommes, de même notamment que Delubio Soares (ancien guérilléro et trésorier du parti), ont été reconnus coupables lors d'un procès sur des achats de vote au Parlement entre 2003 et 2005 sous le premier mandat de Lula et condamnés à des peines de prison.
Mercredi soir, la Cour suprême du Brésil avait imposé l'exécution immédiate des peines de 16 des 25 condamnés du procès du «Mensalao», qui s'était achevé fin 2012.
Au cri de «Vive le PT» et le bras gauche levé, M. Genoino a pénétré dans les locaux de la police salué par quelques partisans. Il avait auparavant remis à la presse une lettre clamant son innocence. «Avec indignation, j'exécute les décisions de la Cour suprême (STF) et répète que je suis innocent», a-t-il écrit.
«J'ai été condamné car j'exerçais la présidence du PT. Il n'y a aucune preuve de ce dont on m'accuse», a-t-il insisté, dénonçant une opération médiatique et se qualifiant de prisonnier politique.
En jeans et chemise blanche, M. Dirceu est arrivé peu après sur les lieux. Il a aussi salué ses partisans et dressé le poing.
Condamné à sept ans et 11 mois de prison, il a également diffusé un texte, reproduit sur le site du journal Folha de Sao Paulo, revendiquant son «innocence» et sa volonté de tout faire pour obtenir l'annulation de sa condamnation.
José Dirceu est accusé d'avoir été le chef d'orchestre d'un vaste système d'achats de votes de députés par le PT lors du premier mandat de Lula. Le caractère périodique du versement des pots-de-vin aux élus a valu à ce procès l'appellation de «Mensalao» (mensualité).
Condamnés à moins de huit ans de détention pour corruption active, MM. Dirceu, Genoino et Soares bénéficieront d'un régime de semi-liberté leur permettant de travailler à l'extérieur de la prison, où il devront cependant passer la nuit.
Les trois hommes, aux cotés de neuf autres condamnés (entrepreneurs, banquiers, publicitaires, politiques...), seront toutefois rejugés en 2014 sur autre volet de l'affaire. S'ils étaient à nouveau condamnés, ils pourraient alors voir leurs peines de prison devenir totalement effectives.
D'autres accusés se sont rendus ce vendredi à la police, parmi lesquels des membres de plusieurs partis et l'entrepreneur Marcos Valerio, qui a écopé de la plus forte peine du procès (37 ans de prison).
Dans un communiqué, le Parti des travailleurs de la présidente Dilma Rousseff a dénoncé «un procès injuste» et réaffirmé sa «conviction qu'aucun de (ses) membres n'a acheté de voix au Congrès».
Le scandale du «Mensalao» avait failli coûter sa réélection à Lula en 2006, même s'il avait personnellement été mis hors de cause par la justice. Il a quitté le pouvoir en 2010 avec une popularité record de 80%.
Agenge France-presse, «Brésil: des proches de Lula, condamnés pour corruption, se rendent», La Presse, 15 novembre 2013

Sunday, 17 November 2013


Dossier presse 4: 13 novembre 2013


Le Brésil, un géant énergétique en devenir


Paris – Le Brésil, actuellement 13e producteur mondial de pétrole, devrait grimper au sixième rang en 2035, multipliant également sa production de gaz par cinq et celle d’énergies renouvelables par deux, a prédit mardi l’Agence internationale de l’Énergie (AIE).


« Sur la base des récentes découvertes offshore, la production pétrolière du Brésil triple pour atteindre 6 millions de barils par jour en 2035 », prévoit l’AIE dans son rapport annuel de référence, le World Energy Outlook. Ce niveau « représente un tiers de la hausse nette de la production mondiale de pétrole et fera du Brésil le sixième producteur mondial », souligne l’AIE dans un chapitre spécialement consacré au géant sud-américain.


Quant au gaz, la production brésilienne sera multipliée « par plus de cinq », « assez pour couvrir tous les besoins du pays d’ici à 2030, même si ceux-ci augmentent significativement », note l’AIE.


La demande énergétique du Brésil augmente en effet dans le même temps de près de 80 %, notamment en offrant un accès généralisé à l’électricité à sa population de 190 millions d’habitants.


Atteindre cette demande aura un prix, avertit néanmoins l’AIE, qui évalue les investissements nécessaires à environ 90 milliards de dollars par an. Outre les centrales électriques et les grands réseaux à haute tension, l’AIE souligne que l’augmentation de la production d’hydrocarbures dépend d’installations en eaux très profondes « hautement complexes » et très coûteuses.


Les investissements pétroliers du Brésil, qui transiteront essentiellement par le géant national Petrobras, devront ainsi être « supérieurs à ceux du Moyen-Orient ou de la Russie », note l’agence. Quant aux énergies renouvelables, le Brésil continuera à être « un leader mondial », en maintenant une part de 43 % dans son bouquet énergétique en doublant sa production de renouvelables en 2035.


« Le secteur énergétique brésilien reste un des moins intensifs en CO2, malgré une plus grande disponibilité et un plus grand usage de carburants fossiles », souligne l’AIE. Mais dans l’hydroélectricité, malgré plusieurs projets de barrages géants, la croissance ne sera pas aussi forte, « en partie du fait de l’isolement et de la sensibilité environnementale d’une grande partie de la ressource restante, située pour l’essentiel en Amazonie ».


L’éolien, les centrales au gaz et l’électricité produite à base de bioénergies (bois, canne à sucre, etc.) devrait prendre le relais, selon l’AIE. Enfin, l’éthanol, dont le Brésil est le deuxième producteur mondial derrière les États-Unis, restera un domaine de pointe.


« En 2035, les biocarburants représenteront presque un tiers de la demande domestique pour le transport routier et les exportations nettes compteront pour environ 40 % du commerce mondial de biocarburants ».


Sunday, 3 November 2013


Dossier presse 3: 28 octobre 2013
Brésil: la justice suspend la construction du barrage de Belo Monte

Brasilia (AFP) - Un juge d'un tribunal fédéral de Brasilia a ordonné la suspension des travaux de construction du gigantesque barrage de Belo Monte, en Amazonie brésilienne, vivement contesté par les écologistes et les populations locales, a annoncé lundi une porte-parole de la cour.
Le juge Antonio Souza Prudente a prononcé la suspension de l'autorisation environnementale accordée au projet et l'arrêt des travaux du barrage hydroélectrique, situé sur le fleuve Xingu, dans l'Etat du Para (nord), selon cette porte-parole.
Prise vendredi, la décision du juge interdit à la banque publique BNDES, qui finance le projet, de débloquer des fonds tant que tous les engagements sociaux-environnementaux n'auront pas été tenus par les promoteurs.
"Nous ne nous opposons pas au développement du pays mais nous affirmons qu'il faut respecter la loi", avait déclaré le procureur de l'Etat du Para.
La décision du juge Souza Prudente fait effet jusqu'à ce que les magistrats de ce tribunal se réunissent en collège et statuent sur sa validité.
Norte Energia, responsable du projet, a indiqué à l'AFP ne pas avoir encore été informée de cette décision judiciaire mais a affirmé que "toutes les obligations et les engagements de l'entreprise sont rigoureusement respectés".
Belo Monte est le barrage le plus important en cours d'édification au Brésil et le troisième du monde, derrière celui d'Itaipu (Brésil et Paraguay) et des Trois Gorges (Chine).
Il fournira 11.233 mégawatts, soit 11% de la capacité installée du pays, et la première tranche devrait entrer en service en 2015. Sa mise en place entraînera l'inondation de 502 km2. Son coût est estimé à 13 milliards de dollars.
Même si leurs terres ne seront pas inondées, l'édification du barrage risque de changer le mode de vie des communautés indiennes vivant aux alentours, qui ne pourront plus pêcher pour leur subsistance en raison de la dérivation des cours d'eau.
De nombreuses actions d'opposants ont déjà perturbé les travaux ou conduit à des interventions devant les parlementaires brésiliens. 
Le Nouvel Observateur, << Brésil: la justice suspend la construction du barrage de Belo Monte>>, Le Nouvel Observateur, 28 octobre 2013